Précompte immobilier à Liège : les centimes additionnels commune par commune en 2026
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Oct

8 octobre 2026

À revenu cadastral identique, un propriétaire liégeois paie 238 euros de précompte immobilier de plus par an qu'un propriétaire de Juprelle. Sur la durée d'un crédit, l'écart dépasse 4 700 euros.

La différence ne vient ni de la Région, ni du bien. Elle vient des centimes additionnels, votés chaque année par chaque conseil communal. Voici les chiffres 2026, relevés un par un dans les délibérations officielles des communes où nous travaillons.

Qu'est-ce qu'un centime additionnel au précompte immobilier ?

Le précompte immobilier se calcule en trois étages. La Région wallonne prélève 1,25 pour cent du revenu cadastral indexé. La province ajoute ses centimes additionnels. La commune ajoute les siens.

Un centime additionnel vaut un centième de cette taxe régionale de base. Quand une commune vote 2 600 centimes, elle prélève donc 26 fois le montant régional. C'est pour cela que la facture finale représente une quarantaine de fois les 1,25 pour cent de départ, et non 1,25 pour cent tout court.

Pour la province de Liège, le taux est de 1 750 centimes additionnels, inchangé depuis 2013 selon la Province elle-même. Il s'applique partout sur le territoire provincial. Seule la part communale varie.

La formule, pour pouvoir vérifier vous-même

Précompte annuel = revenu cadastral indexé × 1,25 % × (1 + centimes provinciaux ÷ 100 + centimes communaux ÷ 100)

Exemple avec un revenu cadastral de base de 1 200 euros. Indexé au coefficient 2026 de 2,3000, il vaut 2 760 euros. La part régionale est donc de 34,50 euros, et c'est ce montant que les centimes multiplient.

Combien votre commune prélève-t-elle en 2026 ?

Chaque chiffre ci-dessous vient de la délibération du conseil communal concerné, consultable sur le portail de transparence des pouvoirs locaux. Ce ne sont pas des estimations.

Au-dessus de la moyenne

  • Liège : 2 990 centimes
  • Flémalle : 2 700 centimes
  • Seraing : 2 700 centimes

À 2 600 centimes

  • Ans
  • Beyne-Heusay
  • Fléron
  • Grâce-Hollogne
  • Herstal
  • Oupeye
  • Sprimont

Et une commune se détache nettement vers le bas : Juprelle, à 2 300 centimes additionnels pour les exercices 2026 à 2031. Soit 690 centimes de moins que Liège.

Un mot sur la durée de ces décisions, parce qu'elle change la lecture. Ans, Flémalle, Grâce-Hollogne, Herstal, Oupeye et Sprimont ont voté pour le seul exercice 2026 : le taux peut bouger l'an prochain. Beyne-Heusay, Fléron, Juprelle, Liège et Seraing ont voté des règlements courant jusqu'en 2031 : leur taux est stable pour six ans.

À noter : la Région wallonne recommande aux communes de ne pas dépasser 2 600 centimes additionnels, mais cette recommandation n'est pas contraignante. Trois communes de notre zone la dépassent. Source : délibérations communales publiées sur deliberations.be.

Quel écart cela fait-il réellement sur votre facture ?

Reprenons notre revenu cadastral de base de 1 200 euros, soit 2 760 euros indexés et une part régionale de 34,50 euros. Voici ce que donne le calcul complet, centimes provinciaux de 1 750 inclus.

Précompte annuel estimé

  • Liège (2 990) : 1 669,80 €
  • Flémalle et Seraing (2 700) : 1 569,75 €
  • Les communes à 2 600 : 1 535,25 €
  • Juprelle (2 300) : 1 431,75 €

Ce que l'écart représente

  • Liège contre Juprelle : 238,05 € par an
  • Sur vingt ans : 4 761 €
  • Liège contre une commune à 2 600 : 134,55 € par an
  • Ces montants s'entendent avant réductions

Pour un acheteur qui compare deux biens équivalents, cette ligne compte. Elle revient chaque année, elle ne se négocie pas, et elle entre dans le calcul de sa capacité d'emprunt au même titre que les charges de copropriété.

Le détail du calcul étape par étape se trouve dans calculer son précompte immobilier en Wallonie, et le mécanisme de l'indexation dans le revenu cadastral expliqué.

Vous comparez deux biens dans deux communes différentes ?

Nous intégrons le précompte réel de chaque commune dans nos estimations, pas une moyenne provinciale. C'est une charge annuelle que l'acheteur paiera pendant vingt ans, autant la connaître avant de fixer un prix.

Pourquoi 50 communes liégeoises font-elles réévaluer les revenus cadastraux ?

C'est le mouvement de fond que peu de propriétaires ont vu venir, et il concerne directement ceux qui ont rénové.

Sur les 84 communes de la province, 50 font désormais appel aux indicateurs-experts de la Province de Liège pour vérifier que les revenus cadastraux correspondent à l'état réel des habitations. Parmi elles, pratiquement toutes les communes de notre zone : Ans, Beyne-Heusay, Chaudfontaine, Flémalle, Fléron, Herstal, Herve, Juprelle, Liège, Oupeye, Seraing, Soumagne, Sprimont et Visé.

L'équipe compte treize équivalents temps plein et un coordinateur. Elle est financée à 60 pour cent par la commune et à 40 pour cent par la Province, et l'opération est amortie en trois ans selon le député provincial en charge du dossier.

Ces experts sont assermentés et travaillent depuis les bureaux communaux, sur base des demandes de permis d'urbanisme. Ils ne se déplacent pas chez les habitants.

Les quatre choses qu'ils cherchent

  1. Les permis d'urbanisme non encodés. Le point de départ de tout le travail.
  2. Les fins de travaux non déclarées. Plus de 7 000 dossiers de ce type ont déjà été détectés en province de Liège.
  3. Les immeubles divisés en appartements sans déclaration fiscale ni urbanistique.
  4. Les biens sans élément de confort à la matrice. 17 000 logements sans salle de bains ni chauffage déclarés ont déjà été repérés.

Le chiffrage donné par la Province parle de lui-même. Pour une extension avec piscine et abri dont la fin de chantier n'avait jamais été déclarée, le revenu cadastral passe de 1 194 euros à 1 750 euros. Une hausse de 400 euros de recettes annuelles pour la commune, et donc une hausse équivalente du précompte pour le propriétaire.

L'enjeu global est considérable : l'Union des Villes et Communes de Wallonie a estimé le manque à gagner à 60 millions d'euros pour les seules entités locales sur la seule année 2023.

Source : L'Avenir, 22 mai 2026, sur base des données de la Province de Liège.

Que faire si vous avez rénové sans déclarer ?

Soyons direct : si vous avez obtenu un permis d'urbanisme et jamais déclaré la fin des travaux, votre dossier est dans la pile. Ce n'est plus une question de chance, c'est une question de calendrier.

La déclaration est obligatoire dans les trente jours qui suivent la fin du chantier, et l'absence de déclaration expose à une amende de 250 à 3 000 euros.

Régulariser spontanément avant une vente coûte beaucoup moins cher que de voir le problème surgir au compromis, quand le notaire de l'acheteur compare l'état du bien aux données cadastrales. Un revenu cadastral manifestement incohérent avec une cuisine neuve et une extension vitrée, cela se remarque.

La procédure et les délais sont détaillés dans faire baisser son revenu cadastral, qui traite aussi du cas inverse, celui du revenu cadastral trop élevé.

Ce que nous regardons avant de mettre un bien en vente

Pour chaque mandat, nous vérifions trois choses sur le volet cadastral. Le revenu cadastral est-il cohérent avec l'état réel du bien et avec ceux de la rue. Le précompte de la commune est-il un argument ou un frein face à un acheteur. Et le dossier des permis est-il complet.

Ce n'est pas du zèle administratif. Un acheteur qui découvre une irrégularité à trois semaines de l'acte renégocie, ou s'en va.

Nos pages par commune reprennent les biens disponibles et le contexte local, par exemple à Herstal. Pour une estimation tenant compte du précompte réel de votre commune, c'est ici.

Un doute sur votre dossier cadastral avant de vendre ?

Travaux non déclarés, division d'immeuble jamais régularisée, revenu cadastral qui ne colle pas au quartier. Nous faisons le point avant la mise en vente, au moment où cela coûte le moins cher. Estimation gratuite et sans engagement.

François Szmaj, Marketing & Digital Manager chez Optimum

Écrit par François Szmaj, Marketing & Digital Manager chez Optimum.