Deux estimations très différentes : laquelle est la bonne ?
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20 octobre 2026

Vous avez fait venir trois agences. La première annonce 265 000 euros, la deuxième 290 000, la troisième 340 000. Même maison, même semaine, 75 000 euros d'écart.

Le réflexe naturel est de retenir la plus haute et de confier le mandat à celle qui l'a donnée. C'est l'erreur la plus coûteuse du parcours de vente, et elle se paie trois mois plus tard.

L'essentiel en trois points

  • L'écart normal est de 5 à 10 pour cent. Au-delà, ce n'est plus une différence d'appréciation, c'est qu'une des estimations n'a pas été faite sérieusement ou qu'elle cherche à plaire.
  • La surestimation est une technique commerciale. Annoncer un prix élevé permet d'obtenir le mandat. La baisse arrive ensuite, quand le bien est déjà fatigué sur le marché.
  • Une estimation se juge sur sa méthode, pas sur son chiffre. Si personne ne peut vous montrer les biens comparables réellement vendus, le chiffre n'a aucune base.

Pourquoi les chiffres diffèrent autant

Trois raisons, et elles ne se valent pas.

  • Des sources différentes. Certains partent des annonces en ligne, c'est-à-dire des prix demandés. D'autres partent des transactions réellement signées. Entre les deux, l'écart est structurel : un bien se vend presque toujours en dessous de son prix affiché.
  • Une lecture différente du bien. L'état de la toiture, le PEB, la citerne, les travaux à prévoir. Un agent qui monte dans les combles ne voit pas la même maison que celui qui reste au salon.
  • Une intention commerciale. Certaines estimations ne sont pas des estimations, ce sont des arguments pour décrocher un mandat. C'est la raison la plus fréquente des écarts spectaculaires.

Un deuxième avis qui n'engage à rien

Nous estimons gratuitement votre bien, sur place, et nous remettons un écrit daté avec la méthode et les transactions comparables retenues. Vous pouvez le comparer ligne à ligne avec les autres. Aucun mandat n'est demandé, aucun engagement.

Les six questions qui départagent

  • Sur quelles ventes réelles vous appuyez-vous ? La bonne réponse cite des biens comparables effectivement vendus, avec leur rue, leur surface et leur date. Une réponse vague est une réponse vide.
  • Est-ce un prix de mise en vente ou un prix de vente attendu ? Les deux ne sont pas identiques. Un professionnel sérieux vous donne les deux chiffres et explique l'écart qu'il anticipe à la négociation.
  • Qu'avez-vous retenu comme points négatifs ? Une estimation qui ne liste aucun défaut n'est pas une estimation. Toute maison en a.
  • Quel délai de vente visez-vous à ce prix ? Un prix sans délai associé ne veut rien dire. Demandez le délai moyen constaté dans le quartier.
  • Que se passe-t-il si le bien ne part pas en deux mois ? La réponse révèle si la stratégie de prix a été pensée ou improvisée.
  • Pouvez-vous me le mettre par écrit ? C'est la question qui filtre le plus vite. Un chiffre annoncé oralement n'engage personne.

Pourquoi la plus haute est rarement la bonne

Le mécanisme est toujours le même, et il est contre-intuitif.

Un bien mis en vente trop cher attire peu de visites les premières semaines, celles où l'attention des acheteurs est maximale. Passé ce pic, le bien devient un meuble du marché. Les acheteurs le voient revenir dans leurs alertes, se disent qu'il y a sûrement un problème, et ne le visitent plus.

Arrive alors la première baisse. Elle ne relance rien, parce que le bien n'est plus nouveau. Puis la deuxième. Le propriétaire finit par accepter une offre inférieure à ce qu'il aurait obtenu en partant au bon prix, après six mois de visites inutiles.

Nous avons détaillé ce mécanisme et ses symptômes dans ma maison ne se vend pas, les causes et les solutions, et les leviers qui jouent réellement sur le délai dans vendre sa maison rapidement.

Ce que vaut une estimation en ligne

Les simulateurs automatiques donnent un ordre de grandeur en deux minutes, à partir de l'adresse, de la surface et de quelques critères. C'est utile pour se situer, et c'est tout.

Ils ne voient ni l'état de la toiture, ni l'orientation réelle du jardin, ni la qualité de la rénovation, ni le bruit de la rue à 17 heures. Sur deux maisons voisines de surface identique, ils donneront presque le même chiffre, alors que le marché peut les séparer de 40 000 euros.

Servez-vous-en comme point de départ, pas comme référence. La méthode complète, critère par critère, est détaillée dans combien vaut ma maison.

Quand il faut une expertise payante

L'estimation d'agence est gratuite et suffit dans l'immense majorité des cas : vous voulez connaître la valeur, vous voulez fixer un prix de vente, vous voulez arbitrer entre vendre et louer.

Elle ne suffit plus quand le chiffre doit être opposable. Un partage judiciaire, un litige entre héritiers, une procédure devant un tribunal, une expertise préalable auprès de l'administration fiscale. Dans ces cas, il faut un expert immobilier ou un géomètre-expert, c'est payant, et c'est justifié.

La règle que je donne : si le chiffre sert à décider, une estimation gratuite suffit. S'il sert à trancher un conflit, il faut une expertise.

Combien d'estimations faut-il demander ?

Deux ou trois, pas davantage. Au-delà, vous ne gagnez pas en précision, vous gagnez en confusion, et vous finissez par retenir le chiffre qui vous plaît plutôt que celui qui est juste.

Et une recommandation pratique : ne dites pas aux agences suivantes ce que la première a annoncé. Vous obtiendrez des avis indépendants au lieu d'un alignement poli.

Les questions que l'on nous pose

Quel écart est normal entre deux estimations ?

De 5 à 10 pour cent sur un bien courant. Au-delà, une des deux n'a pas été faite sérieusement ou cherche à décrocher le mandat.

Faut-il choisir l'agence qui annonce le prix le plus élevé ?

Non. C'est la décision qui coûte le plus cher sur l'ensemble du parcours. Un bien mis trop cher rate son pic d'attention, s'use sur le marché, et se vend finalement moins bien qu'un bien parti au bon prix.

Une estimation d'agence est-elle gratuite ?

Chez Optimum, oui, sur place et sans mandat à signer. Une agence se rémunère sur la vente, pas sur l'estimation. Une expertise opposable en justice, elle, est payante.

Combien d'estimations demander avant de vendre ?

Deux ou trois. Au-delà, vous n'y gagnez pas en précision. Et ne communiquez pas le chiffre de la première aux suivantes, pour obtenir des avis réellement indépendants.

Vous avez déjà un chiffre et vous voulez le vérifier ?

Nous intervenons sur Liège et la région liégeoise. Estimation gratuite sur place, écrit daté, méthode et comparables détaillés. Sans mandat et sans engagement, y compris si vous choisissez une autre agence ensuite.

François Szmaj, Marketing & Digital Manager chez Optimum

Écrit par François Szmaj, Marketing & Digital Manager chez Optimum.