
15 septembre 2026
Ce qui a changé en Wallonie depuis 2025
Jusqu'en 2024, acheter une habitation en Wallonie coûtait 12,5 % de droits d'enregistrement. Depuis 2025, ce taux est descendu à 3 % pour l'habitation propre et unique. Le taux plein de 12,5 % reste d'application pour tout le reste : résidence secondaire, immeuble de rapport, achat par une société.
Les conditions exactes sont détaillées sur le portail des notaires belges et dans la FAQ officielle de la Wallonie sur la réforme.
Qui a droit au taux de 3 % ?
Le point est souvent mal compris, et il a son importance quand vous recevez une offre :
- L'acheteur ne doit pas déjà posséder un autre bien à usage d'habitation : s'il en possède un, il perd le taux réduit.
- Sauf engagement de revente : s'il s'engage à vendre son bien actuel dans les trois ans qui suivent l'achat, il conserve le taux de 3 %.
- Le bien doit devenir son habitation propre : un investisseur locatif reste à 12,5 %.
L'écart chiffré, et il est considérable
Voilà ce que la réforme représente concrètement pour un acheteur, selon le prix du bien :
- Bien à 200 000 euros : 6 000 euros à 3 % contre 25 000 euros à 12,5 %, soit 19 000 euros d'écart
- Bien à 250 000 euros : 7 500 euros contre 31 250 euros, soit 23 750 euros d'écart
- Bien à 300 000 euros : 9 000 euros contre 37 500 euros, soit 28 500 euros d'écart
- Bien à 400 000 euros : 12 000 euros contre 50 000 euros, soit 38 000 euros d'écart
Sur une maison liégeoise moyenne, on parle donc de plus de vingt mille euros. Ce n'est pas un ajustement technique, c'est une année de salaire net pour beaucoup d'acheteurs.
Pourquoi ça vous concerne si vous vendez
Cet argent, l'acheteur ne le donne plus à l'État. Il le garde. Et dans la plupart des dossiers qui passent chez nous, il ne le met pas sur son compte épargne.
Il l'ajoute à son budget d'achat, ou il le garde pour les travaux. Concrètement, l'acheteur qui visait 250 000 euros en 2024 peut aujourd'hui viser plus haut à mensualité identique, parce que les frais d'acquisition qu'il devait financer sur fonds propres ont fondu.
Deux effets en découlent, et nous les observons sur le terrain : le nombre de candidats sur chaque bien augmente, et la fourchette de prix acceptable monte avec lui.
C'est la raison pour laquelle une estimation qui date de deux ans ne vaut plus grand-chose. Elle a été établie dans un marché où l'acheteur devait sortir 12,5 % en plus du prix. Ce marché n'existe plus. Nos sept critères d'estimation intègrent évidemment ce nouveau contexte.
Votre estimation date d'avant 2025 ?
Alors elle a été faite dans un marché qui n'existe plus. L'estimation est gratuite et sans engagement, en ligne en deux minutes ou avec un agent agréé IPI chez vous.
Ce que la réforme ne change pas
Trois choses ne bougent pas, et il faut le dire aussi clairement, sans quoi on vend du rêve.
Le PEB continue de peser lourd
Un bien classé F ou G se négocie nettement en dessous d'un équivalent mieux classé, parce que l'acheteur chiffre les travaux et les déduit de son offre. La baisse des droits d'enregistrement ne compense pas un mauvais certificat, elle donne juste à l'acheteur des moyens supplémentaires pour négocier. Nous avons détaillé le sujet dans notre article sur le certificat PEB en Wallonie.
Le prix de départ reste déterminant
Un bien mis en vente trop haut reste en ligne, accumule les jours sur les portails, et finit par partir sous sa valeur réelle. Plus d'acheteurs sur le marché ne veut pas dire que n'importe quel prix passe. Statbel rappelle d'ailleurs que ses statistiques se basent sur les actes passés chez le notaire, pas sur les prix affichés : l'écart entre les deux reste bien réel.
Les délais restent les mêmes
Quatre à six mois entre la décision de vendre et l'acte, dont environ quatre mois entre le compromis et la signature. Le détail est dans notre guide des huit étapes de la vente.
Le cas particulier des immeubles de rapport et des secondes résidences
Si votre acheteur est un investisseur, il reste à 12,5 %. Cela a une conséquence directe sur votre négociation que beaucoup de vendeurs n'anticipent pas.
Un investisseur qui achète un immeuble de rapport à 300 000 euros paie 37 500 euros de droits, contre 9 000 euros pour un primo-acquéreur sur une maison au même prix. Son enveloppe totale est donc bien plus lourde, et il négocie en conséquence.
Sur ce segment, la réforme n'a pas ouvert les vannes. Si vous vendez un immeuble de rapport ou un bien qui n'intéressera qu'un investisseur, n'attendez pas le même effet que sur une maison familiale.
Comment en parler dans votre argumentaire de vente
La plupart des vendeurs ignorent complètement ce levier, et c'est dommage, parce qu'il se retourne en argument commercial.
Quand un candidat hésite sur votre prix, rappelez-lui ce qu'il économise sur les frais d'acquisition s'il est primo-acquéreur. Sur un bien à 250 000 euros, il ne sort pas 31 250 euros de droits mais 7 500. Cette différence, il ne l'avait pas il y a deux ans, et elle est disponible immédiatement, en fonds propres, là où le crédit ne l'est pas.
C'est exactement le montant qui permet de boucler un dossier, de financer une cuisine ou de couvrir un poste de travaux que vous ne voulez pas faire vous-même. Un bon agent l'utilise en négociation plutôt que de baisser le prix.
Attention à une nuance : si votre acheteur est investisseur, l'argument ne tient pas. Vérifiez dès la deuxième visite à quel profil vous avez affaire, ça change toute la mécanique de négociation.
Trois erreurs que nous voyons depuis la réforme
- Croire que le marché absorbe n'importe quel prix : plus d'acheteurs solvables ne veut pas dire acheteurs aveugles. Ils comparent, et ils comparent mieux qu'avant parce qu'ils ont le choix.
- Raisonner sur un chiffre d'avant 2025 : c'est le cas le plus fréquent. Un propriétaire qui a fait estimer en 2023 travaille sur une référence établie dans un marché qui n'existe plus, et l'erreur va souvent dans les deux sens.
- Négliger le dossier pendant que le marché est porteur : un PEB périmé ou des renseignements urbanistiques manquants font perdre des semaines, et c'est pendant ces semaines-là que les meilleurs acheteurs signent ailleurs.
Ce qu'on vous conseille de faire maintenant
Si vous envisagez de vendre dans les douze prochains mois, faites réestimer votre bien. Pas pour vous convaincre de vendre, mais pour savoir où vous en êtes réellement.
Beaucoup de propriétaires liégeois raisonnent encore sur un chiffre d'avant 2025, parfois sur ce qu'un voisin a annoncé il y a trois ans. Dans les deux cas, la référence est fausse, et elle peut l'être dans les deux sens : un bien sous-estimé part trop vite et trop bas, un bien surestimé ne part pas du tout.
Questions fréquentes sur les droits d'enregistrement en Wallonie
Le taux de 3 % s'applique-t-il à tous les acheteurs ?
Non. Il vise l'habitation propre et unique. L'acheteur ne doit pas déjà posséder un autre bien d'habitation, sauf s'il s'engage à le revendre dans les trois ans suivant l'acquisition.
Les droits d'enregistrement sont-ils payés par l'acheteur ou le vendeur ?
Par l'acheteur, en plus du prix de vente. C'est justement pour ça que la réforme augmente son pouvoir d'achat sans rien vous coûter.
Est-ce que ça a fait monter les prix à Liège ?
La mécanique pousse dans ce sens, puisque l'acheteur dispose de plus de moyens à mensualité constante. Mais le prix d'un bien reste déterminé par son état, son PEB et son emplacement. Une réforme fiscale ne rattrape pas une toiture à refaire.
Faut-il attendre pour vendre ?
Rien n'indique que le taux évoluera à court terme. Attendre coûte en revanche du temps, et un bien qui se dégrade ou un PEB qui se périme coûtent plus cher qu'un point de conjoncture.
Et si mon acheteur revend son ancien bien après la vente ?
C'est prévu par le mécanisme. S'il s'engage à revendre dans les trois ans, il garde le taux réduit. En pratique, cela peut allonger un peu son délai de financement, et c'est un point à clarifier tôt dans la négociation.
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Optimum est une agence familiale liégeoise, Esplanade Simone Veil. Fabien Szmaj est agent immobilier agréé IPI n°104.333 et suit le marché liégeois depuis près de trente ans.
